vendredi 30 octobre 2009

Aristée, Aristée ...

— 1 — 
Aristée, Aristée, qu'était cette passion 
Qui entraîna vos sens ainsi que deux bonheurs  
Tel qu'aucun javelot lancé droit vers leur cœur  
Pourrait le transpercer d'un si cruel horion  
 
— 2 — 
Je sais qu'elle était belle, tendre et charmante à souhait  
Sage comme Athéna, telle Aphrodite aimante 
Libre comme l'oiseau, elle courait les pentes  
Les prés, les champs, les bois, et incarnait la paix  
 
— 3 — 
Le pacte était scellé et les vœux prononcés  
Deux cœurs s'étaient choisis puisqu'ils s'étaient aimés  
Et aucune malice pouvait les en blâmer  
 
— 4 — 
Mais voilà qu'un beau jour, par là êtes passé  
Et d'un soudain désir, jailli comme de l'envie  
Avez d'un seul trait tu l’essence de la Vie  
 
Plérôme

lundi 22 juin 2009

Qu’elle était magnifique ...


— 1 —

Qu’elle était magnifique, cette histoire d’amour
Avant qu’elle ne sombrât dans l’insondable abîme
Du souvenir emporté, comme un vent dans les cimes
Dont le froissement susurre le nom des paramours

— 2 —
On la connaît pourtant, légende impérissable
Qui n’en laisse deviner que les faibles contours
Du héros éploré désirant le retour
De celle dont l’absence le rend inconsolable

— 3 —
Aucun destin, croit-il, peut être aussi cruel
Qu’il arrachât à l’âme la raison de sa vie
Et lui substituât de sa belle ravie
L’horrible souvenir d’une joie infidèle

— 4 —
Non, cela ne peut être tellement c’est absurde
D’ainsi tourner le dos au grand bonheur promis
Celui des plus beaux jours aux lendemains remis
La longue éternité d’un «so es sein würde»

— 5 —
Si seulement la nymphe ce jour n’était allée
Sûre de son étoile, de son coeur, de sa foi
En la bonté native de chacun et de soi
Fidèle aux purs élans de leur psyché ailée

— 6 —
Se rendre auprès des eaux si claires, si limpides
Qu’épiaient tendrement les lubriques satyres
Dont les gaies mélodies séduisent et attirent
À leur insu les proies de leurs danses cupides

— 7 —

Si seulement alors, elle n’avait pas cédé
Aux rêves grandioses qu’à ses yeux on miroite
De transports infinis sur nuages de ouate
Le nirvana suprême aux futurs démodés

— 8 —
L’instant qui se rapproche du moment éternel
Et qui revêt le temps de douceurs veloutées
Peu à peu se dissipe, retrouvant la clarté
Qui sacrifia l’amour au commerce charnel

— 9 —
Courir, et puis encore, se sauver du malheur
Qui son âme éprouvée recouvre de son ombre
La très jolie dryade, distinguée du grand nombre
Par un profond amour, promesse du bonheur

— 10 —
Qui lui était voué, simplement, sincèrement
Sans qu’elle ne comprit qu’il survivait aux âges
Que l’âme de la terre en fournissait le gage
Et qu’à sa pureté s’abreuve le firmament

— 11 —
O! si cruel destin, pourquoi tenir secrets
À celle qui en requit, les reflets salutaires
De cette vérité susceptible de taire
Les mensonges honteux dont naissent les regrets

— 12 —
Et qu’aucune bonté voudrait le maléfice
Qui souvent accompagne le coeur d’amour brisé
Ainsi lui dérobant les beaux Champs Élysées
De la pure innocence, l’ultime bénéfice

Plérôme