— 1 —
Ce fut un long voyage, Eurydice, ma mie
Qui nous fit parcourir le lac de Mnémosyne
Et en toucher les rives sur les plages voisines
Que séparaient seulement les rêves de la vie
— 2 —
Que l’illusion est grande, et permet d’oublier
L’embûche ayant servi au bonheur indicible
Dont les vœux sont inscrits dans les cieux invisibles
Que nos cœurs purs et sages seuls pouvaient délier
.
— 3 —
Elles furent nombreuses, ô! les péripéties
Nous préparant enfin à franchir l’horizon
Où nos regards un jour mettraient fin aux saisons
Qui dénient à l’amour qu’il fût vraie prophétie
.
— 4 —
Nos chemins s’écartèrent, vous en souvenez-vous
Lorsqu’un trop vain désir vint soudain dominer
Le parcours bienheureux de nos deux destinées
Qui d’unies qu’elles étaient passèrent du nous au vous
— 5 —
Nuls pleurs, ni chants, ni larmes, ni récriminations
Ne pouvaient plus défaire les arrêts inflexibles
Du destin immuable, cruel, irrémissible
D’un Tartare insensible aux plus hautes actions
— 6 —
Une voie, une voie seule pouvait laver l’affront
Du si sublime amour, divin quant à sa source
Auquel l’humanité en ordonnait la course
Sacrifié aux puissances qui en dépravent le front
— 7 —
Cette voie, une fois, mille fois empruntée
Qui, contre une vie rare, vouée à l’infortune
Humble, donna la sienne à telle heure opportune
Doucement, aux puissances d’en bas rachetée
— 8 —
Cette liberté revue, Eurydice, ma belle
N’attend que nos deux cœurs pour qu’entière se vive
Nulle barrière n’existe, n’empêche qu’elle revive
Pourvu qu’elle ne se fît au plein amour rebelle
— 9 —
C’est la seule exigence qui est requise d’elle
Qu’elle retrouve au départ tout ce qu’elle a perdu
C’est-à-dire le bonheur qui lui était rendu
Et encore la chance de lui être fidèle
— 10 —
Condition qui en fait ne saurait en être une
Puisqu’aucun vrai amour ne saurait faire souffrir
Celui qu’il honore bien et n’a cesse d’offrir
Le fruit d’un état qui en fait la fortune
— 11 —
Ni encore aucun autre qui en connaît le sens
Et lui ouvre son cœur comme le lys au soleil
Ses feuilles à la rosée, le matin au réveil
La moindre trahison en amenant l’absence
— 12 —
Ce fut un long voyage, Eurydice, ma mie
Grâce aux mil seuils franchis, retrouvons l’origine
Du sentiment profond au cœur de l’androgyne
Ayant refait l’hymen à l’âme de sa vie
Plérôme
Ce fut un long voyage, Eurydice, ma mie
Qui nous fit parcourir le lac de Mnémosyne
Et en toucher les rives sur les plages voisines
Que séparaient seulement les rêves de la vie
— 2 —
Que l’illusion est grande, et permet d’oublier
L’embûche ayant servi au bonheur indicible
Dont les vœux sont inscrits dans les cieux invisibles
Que nos cœurs purs et sages seuls pouvaient délier
.
— 3 —
Elles furent nombreuses, ô! les péripéties
Nous préparant enfin à franchir l’horizon
Où nos regards un jour mettraient fin aux saisons
Qui dénient à l’amour qu’il fût vraie prophétie
.
— 4 —
Nos chemins s’écartèrent, vous en souvenez-vous
Lorsqu’un trop vain désir vint soudain dominer
Le parcours bienheureux de nos deux destinées
Qui d’unies qu’elles étaient passèrent du nous au vous
— 5 —
Nuls pleurs, ni chants, ni larmes, ni récriminations
Ne pouvaient plus défaire les arrêts inflexibles
Du destin immuable, cruel, irrémissible
D’un Tartare insensible aux plus hautes actions
— 6 —
Une voie, une voie seule pouvait laver l’affront
Du si sublime amour, divin quant à sa source
Auquel l’humanité en ordonnait la course
Sacrifié aux puissances qui en dépravent le front
— 7 —
Cette voie, une fois, mille fois empruntée
Qui, contre une vie rare, vouée à l’infortune
Humble, donna la sienne à telle heure opportune
Doucement, aux puissances d’en bas rachetée
— 8 —
Cette liberté revue, Eurydice, ma belle
N’attend que nos deux cœurs pour qu’entière se vive
Nulle barrière n’existe, n’empêche qu’elle revive
Pourvu qu’elle ne se fît au plein amour rebelle
— 9 —
C’est la seule exigence qui est requise d’elle
Qu’elle retrouve au départ tout ce qu’elle a perdu
C’est-à-dire le bonheur qui lui était rendu
Et encore la chance de lui être fidèle
— 10 —
Condition qui en fait ne saurait en être une
Puisqu’aucun vrai amour ne saurait faire souffrir
Celui qu’il honore bien et n’a cesse d’offrir
Le fruit d’un état qui en fait la fortune
— 11 —
Ni encore aucun autre qui en connaît le sens
Et lui ouvre son cœur comme le lys au soleil
Ses feuilles à la rosée, le matin au réveil
La moindre trahison en amenant l’absence
— 12 —
Ce fut un long voyage, Eurydice, ma mie
Grâce aux mil seuils franchis, retrouvons l’origine
Du sentiment profond au cœur de l’androgyne
Ayant refait l’hymen à l’âme de sa vie
Plérôme
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