mardi 13 mai 2008
Un jour m’êtes apparue ...
Un jour m’êtes apparue en songe, belle Eurydice
Et tout en m’ayant vu, ne m’avez reconnu
Comme si sur le passé de l’amour éternel
Couvant fidèlement sous la cendre immortelle
En attente du jour où il se saurait su
S’était vu occulté du grand voile d’Isis
C’était déjà tragique de vous avoir perdue
Quand trop sollicitée par le pâtre Aristée
Vous fûtes expédiée, pour prix d’une rapine
Aux sombres catacombes de chaste Proserpine
Comme si un pur amour ne devait exister
Et pour vous en priver, la mort vous a mordue
O! triste convoitise, salaire de la haine
Qui envenime tout en semant la douleur
Là où devraient régner les indicibles joies
Des âmes innocentes promises à leur émoi
Quel crime doit-on voir en l’appel au bonheur
Qu’à la félicité se substitue la peine
C’est pourtant le courage qui m’a inspiré
Lorsque puisant à même la sainte vérité
Qui accorde à l’amour l’entière primauté
Ai choisi pour toutes armes la lyre et le doigté
La mélodie, le chant et la solennité
Pour défier la mort et quitter l’Empyrée
À la recherche de celle qui était ma promise
Depuis la nuit des temps, dans la pensée divine
Qu’une sombre tyrannie, née du ventre d’Hadès
A comploté de prendre, ultime pied-de-nez
Pour se l’accaparer, en faire la concubine
À l’ogrerie vorace de l’appétit soumise
Que vous fit Aristée, quels charmes ou sortilèges
A-t-il utilisé pour dresser le serpent
Contre le blanc talon de votre âme tout’ pure
Et vous acheminer loin des cieux azurs
Vers les sous-sols chtoniens dont le cœur se repent
Lorsque la connivence s’est associée au piège
Que vous fit-il encore, qu’au succès mérité
Après avoir nargué, bravé tous les dangers
Et réussi à vaincre les arrêts du destin
Qui vous voyaient vouée aux éternels festins
Du fiel et non du miel, d’orties et non de pain
Se vit substituer l’horrible iniquité
Qui de l’un ou de l’autre avait commis la faute
De s’être trop montré ou trop peu empressé
En s’extrayant de l’antre vers l’infinie lumière
C’était un faux problème, voilant le magistère
Sévère, inexorable des tartares contrées
Qu’elles n’abandonnent mie ceux qui en sont les hôtes
Eurydice ma tendre, Eurydice ma mie
À qui j’ai dédié tous les chants de ma vie
Serons-nous jamais libres de vivre l’élan
Dont la vraie plénitude du rire est l’enfant
Puisqu’innocent, puisant aux sources infinies
D’une vie débordante au feu jamais tari
Plérôme
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