dimanche 4 avril 2010

Légère comme un souffle ...


PÂQUES 2010

Légère comme un souffle qui la charrie au loin
Coque frêle en papier qu’emporte le courant
Quatre mains enlacées l’ont confiée aux vents
Deux cœurs entrelacés en prodiguent les soins

Chaque rêve en façonne le vaste horizon
Vers lequel la propulsent les brûlants désirs
D’une joie solidaire d’innocents plaisirs
Purifiés au brasier d’un amour pur et bon

C’est hier que naquit l’éternel sentiment
Un hier si lointain qu’il échappe au souvenir
Un hier si immense qu’en lui germe l’avenir
Dont les profonds confins se découvrent hardiment

Tout nous fut, en ces jours, où se forment les destins
Promis sans réserve, partage ou condition
Sauf si l’on succombait à l’odieuse trahison
Qui nous transformerait l’un de l’autre en mutins

Or, il arrive qu’un jour, un oubli s’imposa
Entre deux cœurs fidèles et qui pourtant s’aimaient
À l’unisson complète avec l’Esprit parfait
Dont l’action ineffable à eux se proposa

Pour allumer une flamme qu’aucun sort n’éteindrait
Laquelle les rallierait à l’insondable unité
Et scellerait leur union pour la communauté
Des âmes qui, devant tous, leur foi brandirait

O! malheureux sommeil qui en lieu du matin
Substitue à l’éveil les flous contours d’un songe
Et offre au cœur pur les lueurs du mensonge
Lesquels assombrissent les espoirs enfantins

Le frêle esquif en papier, jusque-là naviguant
Les flots calmes et paisibles de la nappe tranquille
Pointant sa fière proue sur la bienheureuse île
Qui sans cesse nourrissait leurs regards confiants

Se trouve alors emporté par un courant rebelle
Qui l’agite de toutes parts et en secoue le cap
Tant et si bien d’ailleurs que sa carène dérape
Le soulève, l’écrase, encore et de plus belle

Car les eaux en courant s’étaient bien transformées
En rapides sillons, en furieux torrents
La nacelle échappa aux espoirs des enfants
Et aux confins de l’abîme disparut, transportée

Plérôme.

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